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 Recueillement [Pv pour la première personne qui viendra]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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No Erawyth




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MessageSujet: Recueillement [Pv pour la première personne qui viendra]   Sam 5 Avr - 23:49

Le Cimetière, lieu de désolation et de recueillement. Etrange que même certains rebelles aient eu le droit a une tombe. Généralement, cet honneur ne leur a été accordé que grâce à un proche possédant de bonnes relations au sein de l’Empire. La majorité d’entre eux était simplement éradiqué de la surface de la Terre, ne laissant pour seule trace de leur présence que des souvenirs. Et encore, quels souvenirs que ceux-là ! Ceux qui leur survivaient, pour la plupart ignorant leur activité secrète, se demandaient si ils les avaient jamais vraiment connus. Combien de personnes seraient encore tuées avant que quelqu’un ne parvienne à changer ce système ? Des centaines ? Plus ? Et pourtant, le peuple continuait à vivre, et à animer les rues de son agitation. Le Cimetière semblait trop calme par rapport à Zenon. Pas d’enfants trop bruyants bravant les tabous et les interdits en jouant ici, pas de rire, pas de fleurs. Juste du vide et du silence.

Mais… N’était-ce pas une mélodie qui raisonnait dans l’air, semblait étirer les secondes, les minutes, pour devenir l’éternité ? N’avez-vous jamais entendu une de ces musiques qui vous retourne l’âme, qui semble tellement vous correspondre que vous restez bouche ouverte ? Ces quelques notes égrenées dans l’air racontaient une histoire, commune à tous. Le désespoir, le malheur, la souffrance. Comment l’espoir, petite lueur au milieu de nulle part finissait par s’éteindre, submergée par trop de douleur. Mais… une vrille éclate dans l’air. Une lumière pointe, éclaire ce sentier d’hébétude dans lequel l’être humain a plongé. Non, tout espoir n’est pas perdu, il reste encore quelques personnes dont la bonté, le sourire, éclairent sous un nouveau jour la triste destinée du genre humain.

L’auteur de cette histoire se tenait devant une tombe, silhouette se dessinant à travers le brouillard. Les yeux fermés, sa tête est calée contre le violon qui semblait doué d’une vie propre. Les mains s’attardaient sur les cordes avec tendresse, douceur. L’archer se fit tantôt violent, tantôt aussi doux que la soie. C’est la vie qu’exprimait cette musique. Mais, au-delà de tout cela, c’était un hommage rendue à une morte, une mélopée exprimant l’injustice d’une mort parmi d’autres. Qui était ce jeune homme capable de produire de pareils sons ? Il se nommait No, parce qu’il n’avait pas de nom. Il n’était personne, rien. Son passé devait être oublié, caché, enfoui. Son existence ne méritait pas d’être remarqué. Un simple homme parmi tout un peuple qui exprimait tout son désespoir. Il ne voulait pas oublier Hélène. Cette musique, elle racontait son histoire. Comment elle avait éclairé sa vie en lui apportant l’amour et la musique. Jamais il ne pourrait assez la remercier. Il ne pouvait cesser de se sentir coupable de ne pas avoir su lui montrer son amour à temps. A présent, il était trop tard. Il ne pouvait que se recueillir sur sa tombe, et jouer de tout son cœur.

Puis, les notes se firent plus lentes, plus rares, jusqu’à s’estomper, tel un songe. No peinait à reprendre pied avec la réalité, les paupières obstinément fermées sur ses yeux. Comme si ce simple voile devant son regard pourrait empêcher encore quelques instant la douleur de refaire son apparition. Mais elle était déjà là, rongeant son cœur et son âme. Avec un soupir, il ouvrit les yeux, se réhabituant difficilement à la clarté du jour. Ses bas se baissèrent, et machinalement, il reposa son violon dans son étui. Il porta sa main à sa joue, sentit de l’humidité sur le bout de ses doigts. Il pleurait, fait tellement rare pour lui. D’habitude, jouer lui suffisait à évacuer le trop plein d’émotions. Mais le lieu, les souvenirs, le tout lié à la musique, l’avait poussé à franchir ses dernières limites. Bah, peu importait, il s’en remettrait. Et puis, cette douleur semblait lui promettre qu’il n’oublierait pas cette femme qui avait été pour lui comme une mère. Non, elle ne disparaîtrait pas de son esprit.

Ses yeux, de la couleur tellement belle de la nuit, se posèrent sur les alentours, tandis que son sourire habituel reprenait possession de ses lèvres. Il n’était jamais bien loin, cet air amusé qui éclairait son visage. Était-ce qui faisait son charme ? Ou bien était-ce autre chose ? Quelle importance ? Bien sûr, cela était toujours agréable, enfin, selon les circonstances, de sentir un regard appréciateur sur lui. Mais il ne se rendait pas vraiment compte de sa propre beauté, incapable de discerner ses qualités avec tout ce qu’on lui avait dit étant enfant. Combien avait-il entendu qu’il était inférieur, inhumain ? Il ne se distinguait des animaux que par certains traits selon les soldats. Un autre soupir s’échappa de ses lèvres. Cela appartenait au passé à présent. Il devait se concentrer sur ce qui se passait à cet instant précis, pas sur ses souvenirs Inutile de réveiller une douleur supplémentaire.

Lentement, il se pencha, frôlant la pierre froide de la tombe du bout des doigts. Il ne pouvait s’empêcher de frissonner en voyant la misère de cette sépulture. Enfin, au moins le mari d’Hélène était-il parvenu à lui obtenir ça, malgré le fait qu’elle ait été une rebelle. C’était son nom qu’il portait à présent, cherchant plus que jamais à lui rendre honneur. Serait-il jamais à la hauteur de cette femme ? Rien n’était moins sûr. Il secoua la tête, ébouriffant au passage ses cheveux, souhaitant chasser ces pensées de son esprit. Puis, il s’étira, faisant craquer quelques os par la même occasion. Il soupira à nouveau, mais de satisfaction cette fois, en sentant l’air frais lui fouetter le visage. Ce n’était que l’aube, et des nuages voilaient l’horizon, mais il sentait que cette journée s’annonçait ensoleillée, chose qui lui semblait tellement rare qu’elle n’en était que plus précieuse. Pourtant il frissonna. La promesse de rayons de soleil ne suffisait pas à le réchauffer, et il regrattait de s’être vêtu plutôt légèrement. En effet, il portait une chemise noire qui rehaussait son teint et la couleur de ses yeux, et un pantalon de toile un poil plus clair, qui, si il lui permettait une grande amplitude de mouvement, ne le protégeait pas vraiment des courants d’air. Enfin, au moins ne pleuvrait-il pas. Cette certitude, il la tirait de sa capacité à décrypter les courants d’air qui l’entouraient. Il fallait bien qu’il y ait quelques avantages à posséder des gènes d’aigle non ?

Il attrapa avec le sourire son violon, laissant ses doigts errer sur l’étui, puis passa la courroie sur son épaule. C’était lui-même qui avait fait la boîte. Il n’avait pas les moyens se s’en acheter une, mais refusait tout simplement de laisser son violon sans protection. Alors, avec soin et amour, il avait fabriqué l’enveloppe parfaite pour l’instrument qui était comme une extension de son âme. Son sourire s’agrandit à ce souvenir. Ces simples plaisirs quotidiens suffisaient à lui remonter le moral, chose rare ces temps-ci. Trop de gens riaient. Pourtant, n’était-ce pas là une des meilleures façons d’oublier son malheur ?

Il commença à marcher. La solitude lui permettait de se mouvoir avec la souplesse qui était la sienne. On avait presque l’impression qu’il ne touchait pas le sol. Mais il n’avait esquissé que quelques pas qu’il s’arrêta, fronçant les sourcils. Il entendait une respiration. Un humain normal ne l’aurait sans doute pas entendu, mais il n’était pas n’importe qui. Quelques minutes seulement auparavant, il ne s’était rendu compte de rien, tous ses sens focalisés sur la musique. Mais à présent qu’il était totalement en éveil, il avait presque sans s’en rendre compte tendu l’oreille. A présent, c’était ses yeux qui prenaient le relais, fouillant la zone. Il demanda d’une voix puissante, mais extrêmement douce :


« Qui est là ? »
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Otlima



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MessageSujet: Re: Recueillement [Pv pour la première personne qui viendra]   Dim 6 Avr - 13:58

Otlima marchait lentement, errant entre les tombes. Elle se désolait de ne pas être humaine car jamais elle n'aurait de petite pierre que les humains accordaient à leurs semblable. Elle aurait pour unique lieu de repos, une casse où seront entassé tout les "jouets cassés de l'Empereur". Elle le détestait mais lui appartenait toujours, d'une manière ou d'une autre. C'était la première fois qu'elle venait dans un tel endroit et fût charmé au premier coup d'oeuil. Une seule question résonnait dans sa tête: pourquoi était-ce si calme ? Elle sentait dans dizaines de personnes et elle entendait seulement le vent qui soufflait très fort. Elle ne connaissait pas la mort. Et , en tant que robot, elle ne la connaîtrais jamais. Les rebelles avaient beau lui expliqué en long en large et en travers, elle se disait toujours fasciné par la beauté de la mort. A croire qu'elle la préférait à la vie. Mais elle prouvait le contraire en souhaitant de toutes ses forces que le jour où elle finirait par arrivée à la casse soit encore loin.

Elle avançait entre les pierres tombales, ne suivant pas le chemin de terre battue mais ses envies. Un son mélodieux vint se joindre au doux souffle du vent. Un son de violon comme elle n'en avait encore jamais entendu. Sans doute la plus belle musique au monde. Otlima était heureuse de voir que des choses douces existaient encore dans ce monde désolé et dépourvu de toute douceur. Elle pensait que c'était un phénomène magique. Quelque chose provenant de cette chose si abstraite qu'on appelle la mort. Elle se rappelait les paroles des rebelles :

"La mort est synonyme de souffrance. Elle est silencieuse mais le défunt hurle de douleur. Si il ne souffre pas ni ne gémit, alors c'est une mort douce. Une mort de vieillesse, assurément. Mais en ces temps durs, la vieillesse a disparu. On meurt assassiné, empoisonné... Mais jamais de façon naturelle. Retiens bien ceci."

En vérité, elle l'avait complètement oublié. Ce n'était que maintenant que ça lui revenait à l'esprit. La mort ne produisait pas de musique. Elle était silencieuse. Mais alors.... D'où venait ce divin son ? Elle n'était pas seule, quelqu'un jouait d'un instrument. Elle se laissa guidé par ses oreilles puissantes. Elle arriva derrière le joueur de musique. Elle ne voyait ni son visage ni son instrument. Elle ne connaissait presque rien en matière de musique. Elle savait seulement qu'elle adorait écouter quelqu'un en faire. Soudain, le jeune homme s'arrêta de jouer et parla:

-Qui est là ?

Surprise, Otlima ne répondit pas. Ses jambes marchèrent d'elles-même vers la personne, face à lui. Elle pût enfin voir son visage. Automatiquement, elle le trouva beau. Elle distinguait très bien son visage. Elle remarqua l'instrument qui ne lui rappela rien. Qu'est-ce que c'était ? Elle répondit enfin au musicien:

-Moi. Je suis Otlima. Et toi ?
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No Erawyth




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MessageSujet: Re: Recueillement [Pv pour la première personne qui viendra]   Dim 6 Avr - 17:49

Méfiant, il attendait que celui ou celle qui avait troublé sa marche silencieuse daigne apparaître. Il n’eut pas à patienter très longtemps. Déjà, elle se présentait à lui, et il fut surpris par son apparence. Elle était belle, mais… différemment des autres femmes qu’il avait pu croisées jusqu’à ce jour. Etrangement, elle se présenta directement à lui. Il ne s’attendait pas vraiment à cette réaction. En ces temps de lutte intestine, la méfiance avait pris le pas sur la politesse naturelle des individus. Enfin, ce n’était pas lui qui allait protester à cette franchise sans détour. Toutefois, il restait sur ses gardes. Onze années d’entraînement intensif ne pouvaient s’effacer, et ses réflexes de soldat resteraient profondément ancrés dans son esprit. Il du d’ailleurs se retenir d’esquisser un mouvement de recul. De toute façon, il devrait pouvoir s’en sortir en combat en corps à corps.

Pensif, il cherchait à savoir si elle faisait partie de l’armée. Dans ce cas, elle était son ennemie, même si elle ne le savait pas forcément. En effet, lorsqu’il était soldat, il portait les cheveux à ras, par ordre de son instructeur. A présent, il les laissait s’éparpiller en mèches rebelles tout autour de son visage. Néanmoins, l’heure n’était pas aux souvenirs de soldat, mais à la discussion. A peine quelques secondes s’étaient écoulées pendant sa réflexion. No était habitué à réfléchir promptement à l’attitude à adopter. Dans le cas présent, il estimait plus judicieux de se montrer sous son jour habituel, c'est-à-dire charmant et poli. Inutile d’attirer des soupçons alors qu’il arrivait à vivre une vie aussi tranquille qu’il le pouvait.

Il hocha donc légèrement la tête en signe de respect et de salutation, puis planta son regard couleur nuit dans celui émeraude de la jeune femme, et avec une voix joyeuse répondit :


« Je suis No Erawyth. Enchanté. »

Il avait pris soin de garder une note d’indifférence malgré sa joie habituelle. Il ne savait pas encore à qui il avait à faire. Toutefois, on pouvait dire sans présomption qu’il était bien plus poli que la moyenne des gens. Prenait-il un risque à dévoiler ainsi son nom ? Pas vraiment. Car si Hélène Erawyth, celle qu’il considérait comme sa mère adoptive, était une rebelle, son mari était un soldat impérial. Autant dire qu’on ne pouvait tout simplement pas le juger à cette simple mention. Qu’elle soit une rebelle ou un soldat, elle pouvait connaître les deux. Si elle appartenait tout simplement au peuple, alors, son nom n’avait pas d’importance. Il jeta un coup d’œil sur la tombe de Hélène, à quelques pas derrière lui, puis reporta son attention sur son interlocutrice. Il replaça correctement l’étui sur son épaule, se demandant si elle avait entendu la musique qu’il avait jouée, et si c’était cela qui l’avait attiré jusqu’à lui. Même si il ne s’estimait pas plus doué que la moyenne, il savait qu’il pouvait jouer de belles mélodies.

Pour une fois dans sa vie, il ne savait pas vraiment quoi dire. Un cimetière ne lui semblait pas l’endroit approprié pour engager une conversation. Il lui semblait que les questions qu’il aurait pu posées pouvaient toutes être perçues comme indiscrètes. Puis, il se souvint du coup d’œil de Otlima à son instrument. Etrange nom d’ailleurs. Et pas de nom de famille. Enfin, No n’était pas vraiment mieux… Reportant ses questions à plus tard, en désignant son instrument du menton, il demanda


« Vous aimez la musique ? »

Voilà qui pouvait engager un sujet de conversation… ou pas. Enfin, ou moins aurait-il essayé. De toute façon, elle l’intriguait. Ses sens plus développés que la moyenne le titillaient, mais il ne parvenait pas à comprendre ce qui le gênait tant. Etait-elle autre chose qu’humaine ? Cyborg, malade, androïde ? Dans tous les cas, cela ne changerait pas grand-chose pour lui. Il avait toujours considéré que tous étaient égaux. Enfin, sauf certains dénués de conscience, et même là, il peinait à les considérer comme de simples machines. Non, cette nature ne se révèlerait épineuse que si il s’agissait d’un androïde à la solde de l’armée. Dans ce cas, sa photo et son nom pouvaient très bien être enregistrés dans sa mémoire. Toutefois, il en doutait. Après tout, on le croyait parti très loin d’ici. Et il avait beaucoup changé depuis sa fuite.
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MessageSujet: Re: Recueillement [Pv pour la première personne qui viendra]   Ven 11 Avr - 16:40

Otlima écoutait attentivement la personne. Elle lui plaisait, elle pensait pouvoir lui faire confiance. Il ne ressemblais pas à un de ces soldats de l'Empereur : il avait des cheveux plus long et moins bien peigné. Elle trouvait ça mieux et plus joli. Il avait l'air embarrassé de trouver quelqu'un dans un pareil endroit. Il voulait parler mais ne trouvait pas les mots. Cette situation lui arracha un sourire. Ah! les humains! Elle n'en finirait jamais d'en apprendre sur eux. Ils étaient si compliqués mais pourtant si intéressants ! Il avait rangé son instrument, l'air de n'avoir plus envie d'en jouer. Elle était un peu déçue car elle aurait put l'écouter des heures durant. A priori, il trouva enfin quelque chose à dire:

« Vous aimez la musique ? »

Si elle aimait la musique ? Bien sur! Elle adorait ça. Elle ne trouvait jamais de mots assez fort pour décrire ce qu'elle ressentait à l'égard de la musique. Elle n'avait jamais essayé d'en joué et n'en avait pas plus envie que ça. Elle préférait écouter les autres en joué. La musique de ce jeune homme était sans doute la plus belle qu'elle ai jamais entendu. Si les rebelles ne lui avaient pas appris le minimum de politesse, elle aurait demandé à No (curieux nom mais cela ne la dérangeait guère) d'en rejouer encore. Elle pensait que ça ne plairait pas au garçon. Alors elle se tût. Pour elle c'était décidé: il était le Dieu vivant de la musique. Maintenant qu'elle avait ça en tête, personne ne pourrait lui faire changé d'avis. Pas même le violoniste. Même pas les musiciens de l'orchestre impérial. Personne. Enfin, elle lui répondit:

-J'adore la musique. Et la tienne est sublime.

Après un petit moment, elle n'y tint plus: au diable la politesse !

-Je trouve la tienne particulièrement belle. Tu pourrais en rejouer ?
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No Erawyth




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MessageSujet: Re: Recueillement [Pv pour la première personne qui viendra]   Dim 13 Avr - 17:12

La jeune femme semblait l’étudier. Il avait l’impression d’être passé aux rayons X. Enfin, ça n’avait rien d’étonnant. Ces temps-ci, il ne fallait certainement pas se fier aux apparences. Par exemple, qui aurait cru en le regardant qu’il était un ex-soldat génétiquement modifié, l’un des plus doués ? Que ses mains avaient déjà tué ? Lui, lorsqu’il se regardait dans la glace, il voyait combien les apparences étaient trompeuses. Mais c’était le passé tout ça. Il faisait à présent tout pour ne plus avoir à porter le poids d’une mort sur la conscience. Il avait participé à trop de missions à son goût pour le compte de ce satané empereur.

Il fut sorti de ses pensées par la réponse de la jeune femme. Il esquissa même un autre de ces sourires lumineux, et hocha légèrement la tête, manière de la remercier du compliment. Il ne s’estimait pas plus doué qu’un autre, mais cela faisait toujours plaisir d’entendre ça. Après tout, il valait mieux que les mélodies qu’il jouait soient un minimum agréables à entendre, sans quoi il perdrait sa seule source de revenues. Il fallait bien gagner sa vie, et ces jours-ci, ce n’était pas tout le temps si simple que cela. Heureusement, la plupart des auberges de la ville le logeaient les soirs de ses représentations, et depuis le temps, les aubergistes avaient compris que c’était un garçon honnête. Il avait une certaine réputation de gentleman, si l’on puit dire, dans les quartiers pauvres de la ville. Aider son prochain restait une chose très chère à son cœur, et il n’avait pas l’attention de cesser de sitôt. Quoi qu’il en soit, il répondit à sa première remarque :


« Merci beaucoup. Mais je suis loin d’atteindre le niveau de certains maîtres »

Il fut légèrement surpris lorsque Otlima reprit la parole pour lui demander de rejouer quelque chose. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle répète son compliment, encore moins à ce qu’elle demande un nouveau morceau. Il cligna des yeux, hésitant. Après quelques secondes d’observation du visage de la jeune femme, il se décidé. Il hocha la tête en signe d’acquiescement, puis retira l’étui de son épaule, afin d’accéder à son violon. Si il pouvait par sa musique offrir un peu d’apaisement à cette femme, il ne lui refuserait pas ce cadeau. La générosité devenait trop rare. Et puis, comment aurait-il pu refuser devant ces compliments énoncés avec tant de sérieux ?

Il sortit son instrument avec respect et douceur. Il n’était jamais brusque dans ses gestes, plutôt doux et délicat. Il laissa ses mains errer à la surface polie du violon, s’émerveillant toujours de la douceur sous ses doigts. Ce n’était pas le violon de son enfance. Il n’avait pas pu s’encombrer de ceci lors de sa fuite. Mais il avait choisi avec soin son successeur, avait mis des mois avant de récupérer la somme nécessaire à son achat. Il y faisait attention comme à la prunelle de ses yeux. Toutefois, il ne resta pas très longtemps à réfléchir. Il positionna correctement son instrument, pris en main l’archer, et le posa sur les cordes. Il n’avait pas besoin de le raccorder, il venait d’en jouer. Ainsi, une nouvelle mélodie s’éleva dans l’air. Ce n’était pas la même que précédemment, mais la beauté restait identique. Il ne pouvait décemment rejouer la même musique que celle destinée à sa mère adoptive. Non, il changeait toujours d’air selon la personne à qui il le destinait. A cet instant, il jouait un air doux, mélancolique, en accord avec le lieu où ils se trouvaient, avec le soleil qui se levait au-dessus de leur tête. Mais bientôt, le tout se teinta de notes plus joyeuses. Le monde avait encore tant de choses à leur offrir ! Jamais ils ne cesseraient de découvrir ses merveilles. Bien sûr, les alentours étaient sombres et dangereuses. Mais rien n’était perdu. Cet hymne à l’espoir, il le dédiait à Otlima et lui, personnages parmi d’autres de l’histoire du monde.

Difficile de dire combien de temps s’écoula pendant qu’il jouait. Il offrait un aperçu de l’éternité. Mais tout a une fin, et bientôt, la musique s’éteignit. Avec un léger soupir, il abaissa l’archer, le regard perdu dans l’horizon, cheveux au vent. Vision de rêve dans ce monde si troublé. Puis, il retrouva son sourire, et salua la jeune femme comme l’artiste salue le spectateur, avec un léger rire. Pourquoi riait-il ? Il ne savait pas vraiment. Peut-être parce que la musique le rendait heureux, parce qu’il voulait simplement un peu de bonheur dans ce bas monde.

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MessageSujet: Re: Recueillement [Pv pour la première personne qui viendra]   Mar 15 Avr - 16:42

Le jeune homme ne semblait pas avoir l'habitude des compliments. Ils étaient comme les autres humains: il se sous-estimait et était tout gêné après avoir reçu des paroles gentilles. En même temps, ça lui aurais sans doute fais la même chose. Elle devenait de plus en plus humaine. Elle faisait des progrès chaque jour. Ce No pourrait bien être un des meilleurs violonistes de cet horrible monde ! Elle espérait qu'il accepte de jouer un autre morceaux. Comme s'il avait perçu ses pensées, il sortit son violon et posa son archer dessus avec une infinie délicatesse. Elle ne connaissait pratiquement rien de lui et pourtant, elle devinait déjà sa personnalité: calme, gentil, doux. Ou du moins, ça devait être quelque chose d'approchant. Il commença à jouer une mélodie, différente de la première musique.

Elle s'assit sur une pierre plate (après avoir vérifier que ce n'était pas une pierre tombale, elle n'aurait pas voulu parettre ... Parettre... Elle ne trouvais pas les mots pour décrire ça. Peut être impolie ? Ou profanatrice ? Elle n'en avait aucune idée, toujours est-il qu'elle fit très attention. Elle mit son menton dans le creux de ses deux paumes, ouvrant grand ses oreilles et contemplant inlassablement le jeune homme. Elle laissa son esprit vagabondé vers un monde meilleur mais malheureusement irréel.

Quand il arrêta de jouer, elle mit une ou deux minutes à revenir à la réalité. C'était tellement beau qu'elle aurait voulu qu'il ne s'arrête jamais. Elle failli en demander encore mais réussis, cette fois, à se retenir. Elle leva les yeux pour le voir ranger son instrument avec la même attention que quand il l'avait sortit. Elle aurait été incapable de dire combien de temps elle était resté, moitié là, moitié absente, à l'écouter. Une minute, une heure ? A voir le soleil... Aucune idée. C'était comme si tout ses sens l'avais abandonné. Elle ne percevais plus les choses de la même manière. La vie semblait plus... Rose. Cette musique l'avait comme purifié, lavé de toute les horreurs de cette époque. Elle se leva et dit:


-Merci. C'était magnifique.


Et sans ajouté de mots elle se mit à marché en direction de la sortie du cimetière. Mais avant de partir, elle lui laissa un regard qui pouvait se traduire comme "Suis moi si tu veux". A l'intérieur d'elle même, elle espérais quand même qu'il viendrait. Mais la décision n'appartenait pas à elle mais à lui.
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